La dépression

Nom de l'instrument :
L’Échelle de Dépression de Calgary pour patients schizophrènes.

Auteurs de la traduction et de sa validation :
D. Bernard, C. Lançon, P. Auquier et al., 1998.

Instrument originel (auteurs, année) :
Calgary Depression Scale for Schizophrenia, CDSS (D. Addington & J. Addington, 1990).

Publication sur la validation de l'instrument originel :
Addington D. & J. Addington. 1990. A depression rating scale for schizophrenia. Schizophrenia Research. 3, 247-251.

Description :

Construit pour mesurer la dépression indépendamment de la symptomatologie négative et des effets secondaires extrapyramidaux associés à la schizophrénie, l’instrument dérive de. l’échelle de Hamilton et du Present State Examination. L’outil comprend neuf items (humeur dépressive, désespoir, autodépréciation, idées de référence à thème de culpabilité, culpabilité pathologique, dépression matinale, éveil précoce, idées de suicide et dépression observée), cotés sur une échelle de 0 à 4.

Mode de passation :
Entrevue structurée.

Temps requis :
Non déterminé.

Type de traduction et adaptation :
La version française a été révisée par l’auteur de la version originelle (D. Addington), parfaitement bilingue, qui en a effectué la traduction inverse.  

Population :
Étude 1: n = 70 sujets répondant aux critères de la schizophrénie du DSM-IV, dont 53 sujets hospitalisés et 17 ambulatoires, traités au chlorpromazine au moment de leur entrée dans l’étude.

Étude 2: n = 95 sujets répondant aux critères de la schizophrénie du DSM-IV, dont 77 sujets hospitalisés et 18 ambulatoires, traités au chlorpromazine au moment de leur inclusion dans l’étude.

Validité de contenu :
Non déterminée.

Validité concomitante :

Étude 1: Le score total moyen du CDSS est significativement corrélé au score total moyen du MADRS (r = 0,83; p<0,02), de l’échelle de Hamilton (r = 0,70; p < 0,001), de l’échelle de ralentissement (r = 0,29, p = 0,02) et au score moyen de l’item G6 (dépression) du PANSS (r = 0,80; p < 0,001).

Étude 2: Les corrélations de Pearson entre le score moyen du CDSS et celui du MDRSS, de l’échelle de Hamilton et de l’échelle de ralentissement sont significatives.

Stabilité temporelle :
Étude 1: Suite au re-test (max. 72 hres, n = 16), la stabilité temporelle est bonne, sauf pour C1 (état dépressif) et pour C9 (dépression observée) qui, respectivement, ont un coefficient de corrélation de Spearman de r = 0,43; p = 0,1 et

r = 0,13; p < 0,6.

Étude 2 : Suite au re-test (72 heures), le coefficient de corrélation de Spearman entre les scores totaux est bon

(r = 0,82; p < 0,01).

Fiabilité inter-juges :
Étude 1 : La fiabilité est excellente: kappa > 0,70; kappa pondéré > 0,75; ICC > 0,80; n = 33.

Étude 2 :Les corrélations du score total et de chaque item entre les deux évaluateurs sont toutes significatives : kappa pondérés tous compris entre 0,61 et 0,94; n = 18.

Consistance interne :
Étude 1 : L’alpha de Cronbach relate une bonne consistance interne: a = 0,79. Tous les items sont indispensable à l’échelle, sauf C4 (idées de référence à thème de culpabilité) et C7 (éveil précoce).

Étude 2 : La cohérence est bonne (a = 0,82). Tous les items, sauf C4 et C7, semblent nécessaires à l’échelle. Lorsque C4 est supprimé, l’alpha devient 0,83. Il demeure toutefois le même si on retranche C7.

Validité de construit (structure du construit, relations entre les composantes du construit, conséquences du construit) :
Structure du construit:

Étude 1: Une analyse en composantes principales propose une solution unidimensionnelle, expliquant 41 % de la variance totale.

Étude 2: Une analyse en composantes principales retient deux facteurs expliquant 54% de la variance (le facteur 1 explique 43% de la variance tandis que le facteur 2 en explique 11,2%). Les rotations Varimax, Equamax et Quartimax suggèrent toutefois une structure unidimensionnelle.
Relations entre les composantes du construit:
Conséquences du construit :

Étude 2: comme l’intention des auteurs de l’échelle est de pouvoir mesurer la symptomatologie dépressive chez les sujets schizophrènes, en la discriminant des symptomatologies négatives et extrapyramidales, l’étude des corrélations entre les scores du CDSS, ceux du PANSS (sympt. négatives) et ceux du ESRS (symp. extrapyramidales) doit confirmer cette l’hypothèse.


Le score total de la CDSS est significativement corrélé au score total de la PANSS (r = 0,33; p < 0,01). Le score total de la CDSS n’est pas corrélé à la sous-échelle négative de la PANSS, contrairement à l’échelle de ralentissement (ERD et s.-é. Nég. PANSS: r = 0,41; p < 0,01). Le score total de la CDSS est corrélé au score de la sous-échelle de psychopathologie générale de la PANSS, contenant en particulier les items dépression et culpabilité (r = 0,39; p < 0,01). Le score moyen de la CDSS est significativement corrélé à la sous-échelle positive de la PANSS (r = 0,28; p < 0,05).


Le score total est corrélé avec l’Extrapyramidal Symptom Rating Scale (ESRS)-VI (impression globale de la sévérité du syndrome parkinsonien) (r = 26; p < 0,05), mais ne l’est pas avec les scores ESRS-V (impression globale des dyskinésies) et la ESRS-VIII (gravité du syndrome parkinsonien). La CDSS s’avère donc un outil non contaminé par la symptomatologie négative ou extrapyramidale.

Spécificité et sensibilité 

Non déterminées.        

Normes :

Non déterminées.

Personnes ressources :

Personnes pouvant offrir de la formation :

Publications sur la validation :
Reine G., Bernard D. & C. Lançon. 1998. Échelles d’évaluation de la dépression dans la schizophrénie: revue critique. L’Encéphale. XXIV, 530-40.

Bernard D., Lançon C. et al.. 1998. Calgary Depression Scale for Schizophrenia: a study of the validity of a French version in a population of schizophrenic patients. Acta Psychiatr. Scand.. 97, 36-41.

Lançon C., Auquier P. et al.. 1999. Evaluation of depression in schizophrenia: psychometric properties of a French version of the Calgary Depression Scale. Psychiatry Research. 89, 123-32.

Reine G., Bernard D. et al.. 2000. Propriétés psychométriques de la version française de l’échelle de dépression de Calgary pour schizophrènes (CDSS). L’Encéphale. XXVI, 52-61.

Lançon C., Auquier P. et al.. 2000. Study of the concurrent validity of the Calgary Depression Scale for Schizophrenics (CDSS). Journal of Affective Disorders. 58, 107-115.

Auteur(s) de la fiche :
Lyne Marilou Cuillerier.

Date :
Octobre 2004.

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